Interviews à la radio et à la télévision

en collaboration avec Nouvelle Cité

 

   

BFM

1ère partie

 

 

2ème partie

 

Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter l'interview audio intégrale sur RMC :

Henry Quinson invité de Jean-Jacques Bourdin

 

RMC

L’invité du matin de Jean-Jacques Bourdin sort de son interview, passe au démaquillage et, sur le point de partir, l’esprit un peu ‘libéré’, est à nouveau interviewé pour quelques minutes, de manière informelle, pour le site internet de l'émission. Dans ce contexte plus décontracté, il peut livrer une forme d’épilogue à son entretien :

 

Réaction à l'antenne

Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter l'intervention de Moinaecha sur RMC :

Les auditeurs ont la parole

 

Témoignage

« J’étais trader... Maintenant, je suis moine » 

La rédaction - Bourdin & Co - RMC, le 03/11/2008

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(Crédit photo : Visual)

Henry Quinson, ancien trader devenu moine à Marseille, est revenu sur son choix radical et son parcours atypique.

Invité lundi 3 novembre, Henry Quinson, un ancien trader devenu moine et auteur du livre Moine des cités, de Wall Street aux Quartiers-Nord de Marseille aux éditions Nouvelle Cité, a relaté son parcours de trader : « J'ai commencé ma formation avec une banque américaine et j'ai travaillé pour une banque française basée à Paris. J'avais une vie assez facile sur le plan matériel, j'habitais avenue Bosquet avec vue sur la Tour Eiffel, tout allait bien pour moi à l'époque ».
Il est ensuite revenu sur le moment où il a décidé de démissionner : « Ce qui s'est passé, c'est un choix qui finalement peut paraître un coup de tête puisqu'à l'âge de 28 ans, débarquer à la banque Indosuez et dire à son patron "Voilà, je démissionne", alors qu'une grande banque américaine m'appelait tous les jours pour me débaucher... Mon patron pensait que je partais à la concurrence. Je lui ai dit "Non, non, je vais partir pour un monastère". Surprise évidemment, puisque juste avant j'avais négocié une augmentation de 30% de mon fixe et une prime qui aujourd'hui correspond à mon salaire annuel de professeur à mi-temps ».
Le trader devenu moine a expliqué cette vocation religieuse : « Il a fallu que j'explique à mes collègues, que moi c'est à l'âge de 20 ans que j'ai fait une découverte spirituelle importante, la prière est entrée dans ma vie. Pour moi, Dieu c'était un peu une abstraction et en cheminant toutes ces années, en réussissant matériellement, j'ai fait un choix, sans doute un peu caricatural. Tout le monde n'est pas obligé de faire ce choix de quitter une banque où à 5 on gérait 15 milliards de dollars, pour se retrouver dans un monastère à retourner des fromages au fond d'une cave, dans le silence, en Savoie. Ensuite, je suis parti à Marseille ».
Enfin, il a précisé son choix de la ville de Marseille : « Je ne savais pas trop ce que je voulais faire : une vie monastique ? Une vie religieuse ? Devenir prêtre ? Ce n'était pas très clair dans mon esprit et j'ai eu cette vision de me retrouver à Marseille entouré d'enfants venus du Sud de la Méditerranée et que j'aidais pour leur travaux à l'école. Je ne connaissais personne à Marseille, je n'y étais jamais allé, et je crois que Marseille symbolisait toute la question des banlieues, de la présence de l'Islam en France ».

« A Marseille, on a été adoptés par nos voisins »

Le trader devenu moine dans les quartiers Nord de Marseille, Henry Quinson a raconté ce qu’il a découvert en changeant de vie.

Henry Quinson, un ancien trader devenu moine et auteur du livre Moine des cités, de Wall Street aux Quartiers-Nord de Marseille aux éditions Nouvelle Cité, a relaté son arrivée à Marseille : « Quand on est arrivés, les gens étaient très étonnés car on leur avait annoncé l'arrivée des curés. En fait, ces abstractions qu'on se balance les uns sur les autres, elles ne peuvent être désarmées ni par l'argent ni par des spots publicitaires qui voudraient remodeler la vision du monde, mais par la rencontre des gens. Heureusement, rapidement, nos voisins nous ont dit : "Mais vous, vous savez lire et écrire, vous pourriez peut-être aider les enfants pour leurs devoirs". Et c'est là que ma vision marseillaise s'est transformée en réalité. A travers cet accompagnement scolaire, on a une soixantaine de bénévoles qui viennent régulièrement aider les jeunes du quartier, les gens se rencontrent ».
Il a ensuite évoqué le rôle social de la Fraternité Saint Paul qu’il a fondé avec Karim De Broucker : « Les moines au départ, c'est les pères du désert, des gens qui vont se retirer. Pour nous, les banlieues c'est les nouveaux déserts aujourd'hui, des lieux réputés dangereux... Mais une fois qu'on est adoptés par nos voisins, les relations sont excellentes. Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas de problèmes de délinquance, de drogue, de vol...
 »
Interrogé sur la crise financière et son impact dans les quartiers Nord de Marseille, il a répondu : « Cette crise pour eux, elle est très ancienne : ils n'ont pas attendu la crise financière pour morfler. Ca fait très longtemps que la vie est dure dans ces quartiers. Pour eux, la crise financière est quelque chose d'assez lointain : ils n'ont pas d'épargne, ils ne sont pas touchés par la baisse des actions ni par la liquidité bancaire car ils vivent au jour le jour. Donc je dirais qu'ils ne sont pas touchés immédiatement, même si cette crise va avoir des incidences sur l'économie réelle. Mais nous c'est des cités où il y a plus de 30% de chômage, de l'emploi précaire, donc tout ça, ça fait des années que ça dure ».
Enfin, il est revenu le sens de son engagement et le regard porté par ses anciens collègues : « J'ai gardé des liens, j'ai des amis toujours dans la profession. Avec mon livre et cette période troublée, je me retrouve avec des gens qui commencent à réfléchir à ce qui se passe, au sens de l'existence car c'est ça qui est vraiment important dans ce type de parcours. Il est un peu caricatural et symbolique, mais ça nous ramène tous à nos propres questions ».